Thèmes du Symposium scientifique

Thèmes du Symposium scientifique

L’AG 2020 comportera six THÈMES :
• CULTURES PARTAGÉES : Communautés : collaboration, consultation, contestation
• PATRIMOINE PARTAGÉ : Multiplicité des attributs, des valeurs des acteurs
• RESPONSABILITÉ PARTAGÉE : Protéger et gérer les sites, collections et pratiques
• PATRIMOINE AUTOCHTONE : Partage, échange et mainmise
• THÉMATIQUE CULTURE-NATURE : S’accorder sur la suite à donner
• PATRIMOINES MARGINALISÉS : Partagés ou écartés ?

Chacun de ces six thèmes proposera un programme d’une journée et demie en sessions de une à deux heures (il peut y avoir des sessions parallèles au sein d’un thème). Les sessions se voudront dynamiques et proposeront des formats variés.

Les thèmes offriront aux participants l’occasion de s’impliquer et de faire l’expérience de différents concepts et pratiques qui se recoupent en matière de conservation du patrimoine.

Terminologie

Thème : sujet principal. L’AG 2020 comprend six thèmes.
Session : période (généralement d’une à deux heures) consacrée à un sous-thème au sein d’un thème. Les thèmes peuvent comprendre des sessions parallèles.
Format : organisation ou modalités d’une session. Il peut s’agir de présentations de communications, de courtes discussions, de pechakutchie (projection de 15 à 20 diapositives pendant 20 secondes chacune), de panels, de tables rondes (ou « dialogues »), de courtes visites de sites, de débats, de représentations, de films, d’affiches ou de tout autre format proposé par les délégués.
Patrimoine : terme collectif désignant les sites (édifices historiques, villes et paysages), les pratiques, les objets et les collections patrimoniaux.

Descriptions des thèmes du Symposium scientifique

CULTURES PARTAGÉES : Communautés : collaboration, consultation, contestation

Co‐présidente australienne : Cristina Garduño Freeman (cristina.garduno@unimelb.edu.au)
Co‐président international : Marco Antonio Chávez‐Aguayo (marco.chavez@suv.udg.mx)

Le thème « Cultures partagées »s’intéresse aux moyens par lesquels les collectivités et groupes culturels agissent collectivement pour créer le patrimoine, s’y attacher, le valoriser et en prendre soin, que ce soit des sites (notamment bâtiments, villes et paysages), des pratiques, des objets ou des collections. Pour certains, le patrimoine peut sembler avoir des significations similaires, qui se recoupent ou se renforcent mutuellement, mais pour d’autres, ces significations, ces valeurs et cette appropriation peuvent être contestées, jusqu’à susciter destruction et violence.

Parmi les questions à examiner :
• Comment les communautés se regroupent-elles, s’identifient-elles et entretiennent-elles des liens entre elles et avec le patrimoine ?
• De quelles façons les traditions et les perspectives culturelles de communautés diversifiées sont-elles reconnues, partagées et respectées ?
• Comment les conflits découlant de façons multiples et contestées de valoriser le patrimoine pourraient-ils être résolus de manière productive ou constructive ?
• Quelles obligations les communautés ont-elles de partager ou non leur culture et leur patrimoine, et comment leur désir peut-il être respecté ?
• Comment reconnaître et partager le patrimoine des cultures minoritaires et marginalisées ?
• Quel rôle les médias numériques peuvent-ils jouer pour connecter les communautés au patrimoine à l’ère actuelle de la communication planétaire via Internet ?

Le thème des « cultures partagées » cherche à explorer ces questions et d’autres sujets connexes en se référant notamment à la façon dont les membres de l’ICOMOS et la communauté du patrimoine en général peuvent jouer un rôle (par la médiation, en intercédant et par la diplomatie « douce », par exemple) pour maintenir la paix, la sécurité, la justice et l’équité dans la reconnaissance, la protection et la conservation ainsi que le respect de sites, pratiques et collections historiques estimés et contestés.

PATRIMOINE PARTAGÉ Multiplicité des attributs, des valeurs et des acteurs

Co‐présidente australienne : Agnieshka Kiera (agnieshkakiera@gmail.com)
Co‐président international : Kai Weise (kai.weise@yahoo.com)

Un patrimoine, lorsqu’il est partagé, crée des opportunités et pose des défis. À l’heure de la mondialisation, le patrimoine est devenu partagé au travers d’expériences vécues transnationales et migratoires, d’événements historiques qui s’entrecroisent, des voyages et du tourisme mondiaux accrus et de la généralisation des médias numériques. Alors qu’autrefois le patrimoine était considéré comme un produit de consommation, il est aujourd’hui plus couramment considéré comme expérientiel et pluraliste. La conséquence de ce changement, c’est l’individualisation croissante de l’expérience patrimoniale, dans laquelle se construisent de multiples narratifs de lieux, de pratiques et de collections.

Ce thème recherche les moyens par lesquels le patrimoine est devenu de plus en plus « partagé » au XXIe siècle (dans certains cas, au détriment de cultures et de groupes minoritaires). En ce sens, il examinera le quoi, le qui et le pourquoi du patrimoine.

Ce thème encourage la réflexion sur les questions suivantes :
• Qui a une part de l’appropriation, des connaissances et des pratiques associées du patrimoine ? Qui en est exclu ?
• Comment les pratiques culturelles (patrimoine intangible) et les lieux (patrimoine tangible) sont-ils reliés les uns aux autres ?
• Pourquoi et comment différentes notions de valeur et de lieu coexistent-elles ?
• Pourquoi et comment les points de vue de la communauté et des professionnels peuvent-ils différer ?
• De quelles façons le patrimoine partagé par le biais d’événements historiques peut-il évoluer en lieux et pratiques hybrides ou mixtes ?
• Quels sont les droits et les enjeux déontologiques liés au patrimoine partagé ? Quel est le rôle du dialogue dans la résolution de conflits ?
• Le concept de patrimoine partagé peut-il influer sur la façon d’aborder le changement climatique et sur la nature planétaire de cet enjeu ?
• Comment peut-on protéger la propriété intellectuelle associée à un patrimoine particulier et à des communautés spécifiques ?
• Quelles sont les considérations économiques qui concernent le patrimoine partagé? Qui en profite et qui n’en profite pas, financièrement ou autrement ?

Ce thème comprendra des initiatives qui rapprochent les comités nationaux de l’ICOMOS des groupes locaux représentatifs des habitants de Sydney issus de la migration et il fera le lien entre le Symposium scientifique et les activités de l’Exposition patrimoniale pendant l’AG 2020.

RESPONSABILITÉ PARTAGÉE : Protéger et gérer les sites, collections et pratiques

Co‐président australien : MacLaren North (mnorth@extent.com.au)
Co‐présidente internationale : Susan Macdonald (SMacdonald@getty.edu)

Que signifie partager la responsabilité de la conservation du patrimoine culturel et naturel ?

Les premières décennies du XXIe siècle ont connu un changement notable dans la pratique de la gestion patrimoniale sur les plans international, national et local. Cette responsabilité est de plus en plus partagée entre de multiples intervenants : pouvoirs publics, organismes à but non lucratif, milieu universitaire et secteur privé, ainsi qu’avec les collectivités locales.
Ce thème explore les questions entourant le fonctionnement de ces responsabilités, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique.
Le thème « Responsabilité partagée » met l’accent sur les processus de gestion du patrimoine (le comment), en étudiant des questions telles que :
• Comment les pouvoirs publics, les responsables du patrimoine, les groupes d’intérêt et les communautés peuvent-ils travailler plus efficacement pour gérer notre patrimoine ?
• Qui sont, de nos jours, les différents participants au processus patrimonial ? Comment sont-ils impliqués et pourquoi ? Quels sont les rôles, les droits, les attentes et les responsabilités de chaque groupe ? Où y a-t-il conflit ?
• Comment la responsabilité et le pouvoir sont-ils partagés entre les intervenants et les communautés responsables ?
• Dans quelle mesure les structures de gestion patrimoniale se sont-elles adaptées pour accueillir un plus grand nombre de participants ? Quel en est l’effet, en pratique ?
• Quels sont les approches ou les modèles nouveaux et émergents qui reconnaissent mieux ou tiennent mieux compte de l’évolution des responsabilités en matière de conservation ?
• Comment peut-on élaborer des processus patrimoniaux pour protéger les valeurs partagées des différents groupes qui participent désormais au processus de conservation ?
• Où le patrimoine s’inscrit-il dans le cadre plus large des préoccupations et des responsabilités sociétales ? Comment conserve-t-il sa pertinence devant les autres pressions ?
• Quel est l’impact du patrimoine en tant qu’outil de diplomatie douce sur la conservation ?
• Comment les lieux significatifs répondent-ils aux exigences de l’économie du tourisme et à celles des visiteurs tout en respectant leurs propres valeurs ?

Le thème comprendra des sessions sur les bâtiments historiques, les villes, les paysages archéologiques, industriels, urbains et culturels et les pratiques intangibles, sans s’y limiter.

PATRIMOINE AUTOCHTONE : Partage, échange et maitrise

Co‐président australien : Dr Chris Wilson (Ngarrindjeri/Kaurna, Nunga) (christopher.wilson@flinders.edu.au)
Co‐présidente internationale : Dr Diane Menzies (Ngāti Kahungunu, Māori) (drdhmenzies@ark.co.nz)

Le volet « Patrimoine autochtone » s’intéressera aux recoupements marqués qui existent entre le patrimoine, les démarches de reconnaissance des droits et la durabilité. Lors d’études sur le patrimoine, les peuples premiers ont souvent manifesté leur alarme devant le non-respect de leurs droits et le manque de considération envers leur patrimoine culturel, leurs valeurs et leurs moyens de subsistance. De nombreux chercheurs s’intéressant aux peuples premiers ont également souligné la longévité des structures du pouvoir colonial dans les institutions et les systèmes de connaissances qui continuent de définir le patrimoine.

L’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007) souligne la nécessité de veiller à ce que les pratiques patrimoniales soient appliquées conformément à la Déclaration. Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que ses organes consultatifs, l’ICOMOS, l’UICN et l’ICCROM, œuvrent aux côtés des peuples autochtones pour continuer à mettre en œuvre des systèmes patrimoniaux qui reconnaissent et respectent les droits des peuples premiers et leurs territoires. Quelques-uns des principaux sujets de discussion :
• Priorités stratégiques pour les communautés autochtones : identifier et ratifier les principaux enjeux, débats et philosophies patrimoniaux touchant les peuples premiers en 2020
• Identité, nation et souveraineté (cadres décoloniaux, résistance, comprendre les désavantages et inégalités structurels dans le processus législatif du patrimoine)
• Obstacles économiques et solutions innovantes : quels sont les principaux obstacles économiques et/ou désavantages structurels pour les communautés autochtones et comment ces communautés peuvent-elles tirer parti (sur les plans économique, social et de la qualité de vie, par exemple) de leur savoir traditionnel et de leur propriété intellectuelle ?
• Pédagogie du patrimoine « Apprentissage à double sens »: la bonne gestion des sites, paysages et philosophies éducatives autochtones
• Avenir du patrimoine autochtone (notamment la langue, la représentation, les arts visuels, les méthodes traditionnelles et la diversité des communautés autochtones)
• Patrimoine et mémoire pour les traditions vivantes : aborder et mettre en réseau les initiatives privées et commerciales (patrimoine et mémoire du tourisme culturel, expérimental, créatif, intellectuel et d’interprétation).

Ce volet comprendra une ou plusieurs sessions à huis clos pour les participants autochtones à l’AG 2020, ainsi que des séances ouvertes à tous les participants. Les travaux dans le domaine du patrimoine indigène en Nouvelle-Galles du Sud (région dont Sydney est la capitale) seront mis en exergue dans ce thème et serviront à explorer les liens entre les préoccupations locales et les sujets intéressant tous les groupes indigènes.

Les coprésidents remercient sincèrement les membres du Comité consultatif autochtone (CCI) de l’AG 2020 pour leur appui et leur travail à l’élaboration du thème du patrimoine autochtone.

THÉMATIQUE CULTURE-NATURE - S'accorder sur la suite à donner

Co‐présidente australienne : Susan McIntyre Tamwoy (SMcIntyre‐Tamwoy@nohc.com.au)
Co‐président international : Tim Badman (Tim.badman@iucn.org)

On reconnaît de plus en plus la nécessité de synergies entre le développement des implantations urbaines et rurales, la mobilisation des savoirs autochtones et locaux, la reconnaissance et la conservation des paysages culturels et autres lieux patrimoniaux, et la conservation et la restauration réussies des écosystèmes. Le lien entre diversité biologique et diversité culturelle est l’un des potentiels inexploités porteurs de nouvelles dynamiques permettant d’accomplir les Objectifs de développement durable des Nations Unies tout en réagissant sans retard aux crises mondiales que sont le changement climatique, la perte de biodiversité et la perte de la diversité culturelle par la mondialisation. Il s’est imposé comme une puissante force de transformation issue de la Convention du patrimoine mondial, par des projets novateurs comme Connecting Practice et le World Heritage Leadership de l’UNESCO. Se préoccuper tant de la nature que de la culture (et l’indissociable « naturecultures ») est un prérequis pour installer des solutions durables et adaptées au milieu concerné, pour la conservation et le développement, qui répondent à différentes façons de comprendre ce qu’est une vie de qualité et sont fondées sur la justice et l’inclusion.

Au cours de l’AG 2020, un accord de coopération entre l’ICOMOS et l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) sera lancé sur la thématique Culture-Nature. Il s’appuiera sur six années de collaboration et d’échanges Culture-Nature au Congrès mondial de la nature de l’UICN et à l’Assemblée générale de l’ICOMOS et posera la question : « Et maintenant ? »

Voici quelques-unes des questions que le thème Culture-Nature pourrait envisager :
• Quels sont les défis permanents que pose l’interconnexion entre la nature et la culture pour la conservation du patrimoine ?
• Comment une meilleure intégration « cultures – nature » permet-elle d’obtenir des résultats pour les communautés et pour leur développement durable ?
• Quels exemples de terrain positifs (y compris en Australie) illustrent les avantages de l’intégration de la culture et de la nature dans le domaine de la conservation du patrimoine ? Comment faire partager largement cette expérience ?
• Comment faire connaitre et mettre en œuvre l’accord entre l’ICOMOS et l’UICN ? Quelles sont les priorités pour les 3 à 6 prochaines années ?
• Quels sont les liens entre la culture et la nature dans les zones urbaines et comment peuvent-ils aider la démarche relative aux Paysages urbains historiques ?
• Existe-t-il des difficultés ou des opportunités spécifiques pour la démarche Culture-Nature dans les sociétés coloniales, postcoloniales et multiculturelles ?

Toutes les sessions du thème Culture-Nature reflètent le partenariat entre l’UICN et l’ICOMOS, avec de nombreuses contributions de nos collègues du Centre du patrimoine mondial et de l’ICCROM et d’autres partenaires au Symposium scientifique.

PATRIMOINES MARGINALISÉS Partagés ou écartés ?

Co‐président australien : James Lesh (james.lesh@sydney.edu.au)
Co‐présidentes internationales : Sarah May (s.j.m.may@swansea.ac.uk) & Tokie Laotan‐Brown (tokielbrown@icloud.com)

Partout dans le monde, le patrimoine des femmes, des groupes LGBTQI+ et des minorités ethniques et religieuses est de plus en plus reconnu et intégré aux structures patrimoniales officielles. Si ces patrimoines sont parfois bien acceptés, ils peuvent aussi être marginalisés, ignorés, écartés ou effacés. Ce volet vise à examiner les patrimoines des communautés de genre, de sexualités diversifiées ou marginales ; il considérera les raisons pour lesquelles ce patrimoine peut faire l’objet de résistance, de contestation ou de répression à certaines époques et dans certains lieux et il explorera comment on pourrait imaginer l’avenir.

Voici quelques-unes des sujets à prendre en considération :
• À quelles formes de patrimoine peut-on appliquer des labels tels que « patrimoine des femmes » et « patrimoine LGBTQI+ » ?
• Dans quelle mesure ces patrimoines sont-ils reconnus dans différentes communautés autochtones ?
• Quels sont les liens entre le patrimoine des femmes, le patrimoine LGBTQI+, le patrimoine des minorités ethniques/religieuses et les droits humains et culturels ? Sont-ils correctement et suffisamment explicités dans les grands textes internationaux ?
• En quoi le patrimoine des femmes, le patrimoine LGBTQI+ et le patrimoine des minorités ethniques/religieuses sont-ils intégrés au « point de vue dominant » de certaines régions et thèmes historiques (et pour ces derniers, l’intégration de la nature et de la culture, par exemple) ? Ce patrimoine peut-il et devrait-il être séparé du contexte global dans lequel il s’inscrit ?
• Quelles sont les difficultés juridiques et sociales qui entravent la reconnaissance, la documentation, la sauvegarde et l’encouragement du patrimoine des femmes, du patrimoine LGBTQI+ et du patrimoine des minorités ethniques/religieuses ?
• En période de conflit et de persécution, de quelles façons l’héritage des femmes, l’héritage LGBT+ et celui des minorités ethniques/religieuses sont-ils affectés ?

Ce volet peut comporter une ou plusieurs sessions spécifiques pour les femmes, les participants LGBTQI+ ou les groupes minoritaires du patrimoine pendant l’AG 2020.