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La GA2020 en préparation à Marrakech - le 4 novembre 2019

Plus de quarante ambassadeurs se sont engagés à apporter leur soutien à l’Assemblée générale et au Symposium scientifique d’ICOMOS 2020 (GA2020), après une promotion réussie à l’Assemblée générale de 2019 à Marrakech.

Ces ambassadeurs vont promouvoir la GA2020 dans leurs réseaux et devenir, pour le public, le visage de l’Assemblée générale. Grâce à ces nouvelles recrues, le nombre d’ambassadeurs est, désormais, de plus de cent.

Les représentants de la GA2020 sont de retour de l’assemblée 2019 qui s’est tenue, du 12 au 18 octobre, dans la ville de Marrakech inscrite au patrimoine mondial. La Medina de l’ancienne cité, construite entre 1070 et 1072, a été, pour la réunion, le cadre historique avec la mosquée Koutoubia, le palais Bandiâ, et les tombeaux Saadiens, ainsi que la jardin contemporain Majorelle.  

Le principal artisan de la GA2020, le Professeur Richard Mackay, a déclaré : « L’Assemblée annuelle d’ICOMOS à Marrakech a été l’excellente occasion d’informer les délégués concernant l’héritage culturel et l’ensemble important d’événements dont ils vont faire l’expérience et qu’ils pourront apprécier,  en octobre 2020, à Sydney.

« Participant à ette manifestation, tenue en 2019, nous a permis de rencontrer les principaux acteurs d’ICOMOS et d’observer de près les réunions, les procédures et son fonctionnement.

« Le programme des ambassadeurs a été un franc succès, avec plus de quarante personnes recrutées et de nombreux membres ajoutés à la banque de données de la GA2020.

Le Symposium scientifique de l’Assemblée générale 2019, qui comportera vingt-quatre séances et presque soixante-dix interventions, a choisi pour thème : Le patrimoine rural, et va approfondir la relations du patrimoine rural, avec l’eau, le changement climatique, les objectifs de développement durable des Nations-Unies et plus encore.

Le Dr. Steve Brown, qui partage la coprésidence du Symposium scientifique de la GA202, a indiqué que de nombreuses topiques seront développées et explorées à la GA2020 qui a pour titre : Cultures partagées – Patrimoines partagés – Responsabilité partagée.

Il a ajouté : « Le Symposium scientifique d’ICOMOS 2019, de Marrakech a défini les bases sur lesquelles, à la GA20202, des actions quantifiables doivent être menées, concernant le patrimoine.  

« Les contributions faites au patrimoine relativement au changement climatique, aux objectifs de développement durable des Nations-Unies, au patrimoine indigène, à l’intégration culture-nature et aux groupes marginalisés, se sont révélés comme étant les sujets de préoccupation principaux à traiter à la GA2020. »

S’étaient joints à Richard Mackay et Steve Brown, à l’Assemblée générale de la GA2020, à Marrakech, des membres de comités : Ian Travers et Peter Phillips (comité d’organisation de la GA2020), Ian Kelly (comité directeur de la GA20200), Mikel Landa, Nupur Prothi et Teresa Patricio (membres du comité scientifique de la GA2020), ainsi que les coprésidentes, Diane Menzies (patrimoine Indigène), Tokie Laotan-Brown (patrimoines marginalisés) et Susan McIntyre Tamwoy (le voyage Culture-Nature).  

Les inscriptions pour la GA2020 sont maintenant ouvertes ! Veuillez cliquer ici pour avoir un rabais d’inscription précoce en vous inscrivant aujourd’hui.

Budj Bim* est reconnu au Patrimoine mondial : entretien avec Chris Johnston, membre de l’équipe qui a réalisé cet exploit - le 3 octobre 2019

World Heritage recognition for Budj Bim

Q : Depuis combien de temps travaillez-vous à faire de Budj Bim un site classé ?
Pour moi, le travail a commencé au début des années 1990. À cette époque, je travaillais avec la communauté aborigène Gunditjmara sur un plan de gestion pour des biens que le gouvernement du Victoria avait acquis pour cette communauté. Certains biens étaient au cœur de Budj Bim. Ce qui était frappant, c’est qu’à l’époque déjà, avant même la mise en place d’un plan de gestion, les anciens désiraient cette inscription au patrimoine mondial. Ils avaient reconnu l’importance de ce lieu avant même que l’analyse archéologique ne soit disponible. La communauté donnait déjà une impulsion vraiment forte à l’idée d’importance nationale et de patrimoine mondial. Ce fut donc une immense équipée sur 30 années pour cette communauté.

Q : Et comment ce processus s’est-il déroulé ?
Budj Bim avait déjà été identifié dans les années 70 comme un site distinctif, notamment par les relevés archéologiques des systèmes d’aquaculture (alors appelés pièges à poissons et à anguilles) et des sites de maisons en pierre. Les explorateurs et les pionniers de l’époque coloniale les avaient déjà signalés mais je pense que personne, en dehors de la communauté Gunditjmara et des archéologues, n’avait saisi leur signification exceptionnelle sur le plan international avant le début des études détaillées.

Q : Quelles leçons en a-t-on tirées ?
Depuis de nombreuses années, on sait que les peuples autochtones avaient une contrée, ou zones de terrain définies, qu’ils occupaient et exploitaient. Certes, ils se déplaçaient sur ces terres en tirant parti des différentes ressources de leur contrée et ils en partageaient les richesses avec d’autres aussi. Mais l’une des choses que ces recherches et cette reconnaissance ont permis de faire, c’est de faire évoluer notre point de vue sur la question de savoir si les Aborigènes exploitaient activement leur milieu. Le concept d’aquaculture – et pas seulement le fait de récolter – fait évoluer notre façon de voir en faveur d’une gestion active des terres, de l’eau et des ressources naturelles. De même, les maisons en pierre indiquent que des gens habitaient ce site de façon assez continue ; ils s’y étaient créé une énorme source d’alimentation avec ce système aquacole.

Q : Expliquez-nous l’importance de l’inscription de Budj Bim au Patrimoine mondial.
C’est extrêmement important, à la fois en raison de la signification du site et de la reconnaissance qui lui a été accordée, mais aussi parce que ceci aidera à faire évoluer l’opinion publique sur les Aborigènes et leur façon de gérer leur territoire. Pour moi, ça fait partie d’un changement plus important qui est en train de se produire en Australie en ce moment. Je pense que l’on commence à accorder beaucoup plus de valeur à notre patrimoine culturel et à le situer dans le paysage bien plus que par le passé, où nous étions dans le déni. Je pense que quelque chose évolue dans la conscience australienne : il n’y a rien de mal à reconnaître que nous, les non-autochtones, nous ne perdrons pas tout en reconnaissant les peuples premiers et que nous allons plutôt y gagner.

Q : Quel résultat en espérez-vous ?
Mon espoir pour le patrimoine culturel aborigène, c’est que l’on cesse de craindre de découvrir un patrimoine aborigène sur sa propriété et qu’on le voit plutôt comme une chose à valoriser et à protéger. Et qu’en l’honorant, on n’en déforme pas l’histoire mais que les Aborigènes et leurs organisations communautaires soient invités à la conter. Il est important que les collectivités aborigènes, les gens qui détiennent cette propriété intellectuelle, aient la possibilité de tirer parti, tant sur le plan économique que culturel, de la reconnaissance des sites patrimoniaux aborigènes.

Q : Selon vous, comment l’inscription au patrimoine mondial de Budj Bim et l’évolution qui en résultera en termes de valeur du patrimoine culturel vont-elles affecter des développements futurs tels que les mines de charbon d’Adani ?
On doit tenir compte des choses auxquelles on attache de la valeur avant de prendre une décision sur un projet de développement. Les décisions difficiles sont souvent celles qui portent sur le changement, qu’il s’agisse d’Adani ou à une échelle beaucoup plus petite, comme la division d’un terrain pour y mettre plus de logements. À tout niveau, si on ne sait pas ce qu’est le patrimoine, on n’est pas en mesure de prendre une décision éclairée. Si l’on sait ce qu’est le patrimoine, on peut mieux tenir compte de sa valeur. Il faut également tenir compte des valeurs de l’ensemble de la collectivité d’une région, pas seulement des propriétaires coutumiers, qui restent d’une importance cruciale bien sûr. Pour tout projet de développement, on doit se demander quelles sont les choses que les gens apprécient dans cette ville, ce paysage rural ou cet endroit, et s’il est possible de tenir compte de ces valeurs patrimoniales dans le changement qui est envisagé ? Ce sont de grandes questions et on ne se les pose pas assez. Le projet d’autoriser un Apple Store sur la place de la Fédération à Melbourne – heureusement maintenant rejeté – sans tenir compte des valeurs patrimoniales et de l’attachement de la communauté en est un exemple classique.

Q : Quel sera votre prochain projet ou votre prochaine étape ?
J’aimerais beaucoup travailler avec les communautés aborigènes sur les valeurs culturelles. J’ai travaillé avec des groupes de propriétaires coutumiers et la ville de Melbourne pour découvrir et recenser les lieux qui sont importants pour les Aborigènes pour des raisons contemporaines, selon les récits qui couvrent la période postcoloniale jusqu’à nos jours, plutôt que les légendes anciennes. Encore une fois, cela fait défaut dans notre compréhension du paysage culturel. Par exemple, que représente la Maison du Parlement pour les Aborigènes ? La Colline du Parlement était un lieu de cérémonie traditionnel associé à la gouvernance de la nation Kulin et il y eut de nombreux grands événements législatifs qui la rendent vraiment importante mais on n’en parle pas. Les Aborigènes ne figurent pas dans notre appréciation de la ville. J’aimerais voir comment intégrer ces points de vue sur notre histoire dans notre façon de comprendre les choses aujourd’hui.

Chris JohnstonChris Johnston est spécialiste du patrimoine chez Context qui fait partie du groupe GML. GML est l’un des sponsors de l’AG 2020. Chris est également membre du Comité international du patrimoine immatériel et co-président du Comité scientifique national sur le patrimoine culturel immatériel de l’ICOMOS Australie.

*Note de la traductrice : aussi appelé Mt Eccles, c’est un ancien volcan situé dans le sud-ouest de l’État du Victoria.

 

Federation Square : la place au cœur de Melbourne est reconnue comme site patrimonial de l’État du Victoria – le 12 septembre 2019

Après une année de démarches, la place de la Fédération de Melbourne a été inscrite au Registre du patrimoine de l’État du Victoria. Entretien avec Felicity Watson, porte-parole du National Trust, sur la signification de cette victoire pour cet important site patrimonial et culturel.

Q : Racontez-nous un fait patrimonial intéressant au sujet de Federation Square que les gens ne connaissent peut-être pas.
La place de la Fédération avait été conçue comme un hommage pour le centenaire de la fédération des états qui composaient l’Australie*. En 2003, un an après son inauguration, cette place avait déjà reçue plus de récompenses que tout autre projet de l’histoire du Royal Australian Institute of Architects (RAIA) Victoria. Elle est couverte d’un demi-million de pavés en grès de Kimberley qui ont été acheminés depuis le mont Jowlaenga en Australie occidentale.

Q : Quelle est l’importance de Federation Square pour Melbourne et même pour l’État du Victoria ?
C’est le premier espace civique et culturel de Victoria ; c’est là qu’a abouti, au bout d’un siècle de recherches, la quête d’un site pour une grande place publique à Melbourne. L’espace est également important d’un point de vue esthétique et architectural et sa construction témoigne d’un haut niveau de savoir-faire technique. Elle est construite sur une dalle qui passe au-dessus d’une ligne de chemin de fer active et c’est la plus grande surface de tablier de chemin de fer construite en Australie. Son expression architecturale caractéristique comprend des formes non orthogonales et des géométries fractales. Pour la concevoir et la construire, on a fait appel à la CAO et à la modélisation 3D, ce qui était une innovation pour l’époque.

Q : Expliquez-nous brièvement les démarches qui ont amené l’inscription de Federation Square au Registre du patrimoine de l’État du Victoria ?
Le National Trust a commencé à en étudier la valeur patrimoniale devant les risques que posaient un grand projet de transport et la démolition probable d’un des bâtiments. Nous avons demandé son inscription au Registre du patrimoine à la mi-2018, après plus de 12 mois de consultation avec des experts du patrimoine et des architectes, dont les comités consultatifs d’experts du National Trust.

Q : Quel a été l’aspect le plus difficile dans ce processus ?
L’une des plus grandes difficultés que nous avons rencontrées a été d’élargir la façon dont le patrimoine est envisagé par le public, pour y inclure des bâtiments de construction plus récente et des lieux de valeur culturelle et sociale. S’il est inhabituel d’envisager un lieu aussi « jeune » sous l’angle de la valeur patrimoniale, le National Trust estime que Federation Square est un exemple important d’architecture du XXIe siècle, qui a acquis une grande valeur culturelle depuis son inauguration en 2002.

Q : Que peut-on espérer de cette reconnaissance ?
Par son inscription au patrimoine, sa valeur architecturale et culturelle sera prise en compte dans tout projet de développement futur. Il est important de noter que l’inscription exige également que le public soit consulté en cas de modification éventuelle. Cette inscription a déjà donné lieu à un examen approfondi de la gouvernance et du fonctionnement de la place de la Fédération, qui devrait renforcer son rôle en tant que premier espace civique et culturel de Melbourne.

Q : Quel autre site ou endroit aimeriez-vous faire inscrire au Registre du patrimoine ?
Le National Trust a récemment demandé l’inscription du centre psychiatrique de Footscray au Registre du patrimoine. Cet exemple significatif de l’architecture brutaliste de Melbourne a une portée historique en tant qu’exemple de site représentant l’évolution qui s’est faite dans la compréhension et le traitement des maladies mentales à la fin du XXe siècle. La mission du National Trust est de reconnaître, de protéger et de faire apprécier les bâtiments historiques qui reflètent la complexité de notre histoire et de notre communauté, et nous estimons que ce bâtiment est un témoin important de l’histoire du traitement psychiatrique dans l’État.

Felicity Watson est membre du sous-comité marketing de l’AG 2020 de l’ICOMOS où elle gère l’activité sur les médias sociaux.

*Note de la traductrice : les États qui composaient le continent australien se regroupèrent en fédération en 1901.

Les experts du patrimoine lancent l’AG 2020 de l’ICOMOS – le 25 février 2019

Les principaux représentants du secteur du patrimoine en Australie se sont réunis pour donner le coup d’envoi de l’Assemblée générale et du Symposium scientifique 2020 du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS).

Des représentants du gouvernement et d’organisations chargées du patrimoine se sont réunis à l’hôtel de la Monnaie de Sydney le lundi 25 février au soir pour marquer ce grand événement à venir.

L’AG 2020 de l’ICOMOS aura lieu du 1er au 11 octobre 2020 au Palais des congrès de Sydney et devrait attirer plus de 1 200 professionnels du secteur venus du monde entier. Ils participeront à quatre jours de rencontres et de présentations, ainsi qu’à des visites de grands sites culturels comme l’Opéra de Sydney et les Montagnes bleues, et à d’autres activités sociales et des ateliers.

Le Président de l’ICOMOS Australie, Ian Travers, a donné le coup d’envoi en saluant le peuple Gadigal de la nation Eora en tant que propriétaires coutumiers des terres sur lesquelles l’AG 2020 se tiendra.

Le président de l’AG 2020 de l’ICOMOS Richard Mackay a déclaré : « Cette conférence offrira à l’Australie une occasion précieuse d’apprendre des meilleurs praticiens du patrimoine culturel du monde et de partager et de mettre en valeur notre culture commune, nos lieux culturels extraordinaires et nos réalisations exceptionnelles en matière de conservation du patrimoine. Nous sommes reconnaissants de l’appui reçu du gouvernement et d’autres partenaires stratégiques ainsi que des entreprises qui nous sponsorisent. »

Le professeur Mackay a également remercié le gouvernement et les partenaires stratégiques de l’ICOMOS, dont Luna Park qui accueillera une grande soirée, le Sydney Federation Trust qui accueillera le Forum des Jeunes sur Cockatoo Island, et Qantas qui proposera des tarifs incitatifs aux participants locaux et internationaux.

Naseema Sparks, présidente de Sydney Living Museums, a souligné que l’hôtel de la monnaie était un exemple vivant de conservation du patrimoine réussie, selon les principes de la Charte de Burra de l’ICOMOS Australie.

David Williams, secrétaire adjoint au ministère de l’environnement et de l’énergie, a aussi pris la parole en notant la réputation mondiale de l’Australie pour ses travaux exceptionnels en préservation et gestion du patrimoine culturel.

Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international donne son soutien à l’AG 2020 de l’ICOMOS, tout comme le service de l’environnement et du patrimoine de la Nouvelle-Galles du sud. L’Assemblée générale de l’ICOMOS salue également le précieux soutien des fondateurs d’Opal Patrons’ Extent Heritage, de GML Heritage et de Lovell Chen, ainsi que les membres fondateurs de South Sea Pearl, NBRS Architecture et International

 

Logo Narrative

Le logo de l’AG 2020 est illustré d’une xanthorrhée, plante dont la forme rappelle celle de l’Opéra de Sydney. Cette idée a été imaginée par Blak Douglas (aussi connu sous le nom d’Adam Hill), artiste aborigène de Sydney, qui l’a développée en collaboration avec Greg Hosking de Monotron Creative. Il est tout à fait approprié que cette idée soit le fruit d’une collaboration avec un artiste aborigène, compte tenu du thème de l’AG 2020 : « Cultures partagées – Patrimoine partagé – Responsabilité partagée », puisque la démarche même de conception a été une tâche « partagée », tant sur le plan pratique que culturel. L’iconographie reprend la thématique « nature-culture », élément majeur du programme de l’AG 2020 qui reflète qu’il est important de reconnaître que même les sites du patrimoine naturel ont des propriétaires coutumiers et des valeurs culturelles. La forme reconnaissable de l’Opéra de Sydney témoigne de valeurs culturelles plus récentes, tout en se distinguant de son iconographie habituelle. Cette plante est localement connue sous le nom de « Gadi », qui fait penser au peuple Gadigal de la nation Eora, propriétaires coutumiers de la terre sur laquelle l’AG 2020 se tiendra.

L’image de l’Opéra de Sydney est utilisée sous licence octroyée par le Sydney Opera House Trust.